Three reality checks for leavers and remainers

 

Both camps must understand there is a difference between Europe and EU institutions if they are to mount effective referendum campaigns. (Article first published by openDemocracy on 07/03/2016)

Ahead of Britain’s in/out referendum, there is much to ponder about looking at past referendum episodes and dissecting ongoing public ambivalence vis-à-vis the EU. The history of European integration has been a bumpy and risky journey but, deep down, Europeans have never really stopped questioning the EU’s existence. Since the EU is not a state supported by a constituting demos– it never had its ‘we, the people’ moment – it has only survived by being given the benefit of the doubt. Still, the EU has proven very resilient. French and Dutch voters may have voted down the constitutional treaty in 2005, and the Greeks may have recently experienced the irony of sending a resounding ‘no’ to Brussels – but the EU continues to stand on its feet, even in the current “polycrisis”, to use Jean-Claude Juncker’s words.

Three important lessons can be drawn from the intrinsically fragile yet enduring character of the EU, which campaigners from both sides need to integrate into their campaign narratives. Continue reading “Three reality checks for leavers and remainers”

After the UK-EU deal: the referendum campaign viewed from the rest of Europe

On 24 February, a few days after David Cameron had secured an agreement between the
UK and EU governments to ‘reset’ Britain’s relationship with the EU, I was interviewed live by Tyler Brûlé on Monocle Radio.

Listen here from 4′

Can Hollande reform France’s social policies?

Interview on Share Radio on 21 October on François Hollande’s economic reforms and political prospects ahead of the 2017 elections. Incudes discussion on the priority given to restoring firms’ competitiveness and the French government’s use of social dialogue as a reforming tool.

The interview is also available here.

The left needs a better conversation on national sovereignty

This piece was first published by Policy Network on 22 October, and republished by Social Europe on 6 November.

Gone are the days when talking about national sovereignty was associated with backwardness and narrow-minded conservatism. Everywhere in Europe, a section of the left is standing up to reclaim this concept and explain that regaining control over one’s own country’s destiny is a priority. The debate is particularly vivid in the UK and France.

In the UK, Owen Jones popularised the idea of ‘Lexit’ (the left version of Brexit) in July, which prompted reactions by Caroline Lucas and Philip Cunliffe on the Current Moment blog. More recently, Paul Mason dubbed the EU an “undemocratic semi-superstate”. On the account of Greece’s acceptance of a third bailout package and the sidelining of Yanis Varoufakis, Jones argued that the EU was killing national democracy and that there was no space within the EU for progressive solutions. Over the summer, Jones supported Jeremy Corbyn, whose initial ambiguity over EU membership can be seen as another element of the renewed yearning for sovereignty on the left. Since then, the new Labour leader made clear he would fight for a more social Europe from within. Continue reading “The left needs a better conversation on national sovereignty”

Du bon usage de Corbyn : leçons pour la gauche française

Jeremy Corbyn a remporté une victoire éclatante, nette et sans bavure, au Parti travailliste. La page du blairisme semble définitivement tournée. La gauche de la gauche et les « frondeurs » du PS applaudissent, et il n’est pas jusqu’à certains représentants  de la gauche dite « réformiste » pour se réjouir. On a en effet pu lire un ministre du gouvernement signataire de la motion A et chargé de superviser les négociations sur le TAFTA se réjouir ouvertement sur Twitter. Pour la gauche française, tirer de cet événement historique les bons enseignements est crucial en vue de la campagne présidentielle de 2017.

Il s’agit d’abord d’éviter les conclusions hâtives.

Premièrement, sur les valeurs de gauche. Pour beaucoup, la victoire de Corbyn porte un coup mérité à la gauche de gouvernement, qui a fait passer son potentiel électoral avant la défense des idées et valeurs de gauche. Or les sociaux-démocrates et socialistes modérés n’ont jamais prétendu abandonner les idéaux et valeurs de gauche. Ils ont toujours défendu une morale combinant la justice sociale, la générosité, l’ouverture avec des valeurs de travail, d’autorité, de respect de la loi qu’ils pensent également en phase avec les préoccupations de l’électorat populaire. David Cameron a compris l’angle par lequel il attaquerait Corbyn avec beaucoup de succès: celui de la défense des travailleurs, de la « sécurité économique ». Il serait suicidaire pour la gauche d’abandonner ce terrain aux conservateurs.

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Voyage dans le passé ? La tentation Corbyn et la gauche européenne

Version légèrement amendée de l’article paru dans l’édition papier du Monde en date du dimanche 30 août, sous le titre “Au Labour, le phénomène Corbyn est un test pour la gauche démocratique européenne”. Jacques Munier y fait référence dans son Journal des Idées sur France Culture lundi 31 août. 

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Il n’a échappé à personne qu’un vent de révolte souffle sur la gauche depuis quelque temps. Dans la plupart des pays d’Europe occidentale, la veille garde social-démocrate est confrontée à l’émergence d’une nouvelle gauche radicale, comme si le populisme longtemps cantonné à droite avait enfin trouvé la clé du succès à gauche. La percée spectaculaire de Syriza (Grèce) et de Podemos (Espagne) pourrait laisser penser que le phénomène est limité aux pays d’Europe du Sud enfoncés dans la crise économique et sociale. Or en Allemagne, Die Linke est désormais à la tête du land de Thuringe. Au Danemark, les partis de gauche alternative ont enregistré plus de 16 % des voix aux élections législatives de juin  2015. La dernière manifestation de ce vent nouveau s’appelle Jeremy Corbyn, un parlementaire anglais de 66  ans, qui pourrait s’emparer du Parti travailliste (Labour Party) à la surprise générale.

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Brexit ou réforme? L’avenir du Royaume-Uni en Europe

A l’invitation de Landry Charrier, maître de conférence à l’Université Blaise Pascal de Clermont-Ferrand, j’ai eu la chance de donner cette vidéo-conférence sur les relations entre le Royaume-Uni et l’Europe jeudi 12 mars.

La video de la conférence est disponible ici.

Parce que vous n’aurez sans doute pas la patience de m’écouter jusqu’au bout, voici les principales réflexions que je développe dans ma présentation. Les étudiants me posent aussi quelques bonnes questions a partir de 1’09’20.

1/ le rapport ambigu de Londres à la construction européenne depuis la Seconde guerre mondiale, par contraste au leadership et au sens de la “co-propriété” franco-allemande: adhésion tardive, Suez, renégociation et référendum de 1974-75, rabais budgétaire, “opt-outs” obtenus à Maastricht… Continue reading “Brexit ou réforme? L’avenir du Royaume-Uni en Europe”

Beyond the national electorate: reflections on the Greek-German stand-off

[Article first published on Policy Network’s website on 13 February 2015 and co-authored by Daniel Innerarity, professor of political philosophy and Ikerbasque researcher at the University of the Basque Country]

The EU’s legitimacy stems from the ability to intervene in national democracies when they have a negative impact on ‘outsiders’ and future generations. This principle should guide thinking over the future of European integration Continue reading “Beyond the national electorate: reflections on the Greek-German stand-off”

Je suis Charlie: what next?

NB: article publié par Policy Network vendredi 31 janvier dans le cadre du bulletin mensuel “State of the Left“, qui passe en revue la situation politique (et notamment des forces de gauche) dans les principaux pays européens et nord-américains.

imageJanuary’s shocking attacks have undoubtedly left their mark on France, but the long-term political implications are yet to unfold

It is still unclear whether the 7 and 9 January killings in Paris, and the ensuing historical march, will have lasting repercussions on French politics. A remarkable climate of national unity and an unexpected wave of global solidarity immediately followed the attacks. Four million people, including 40 heads of states and governments, marched on Sunday 11 January in Paris to defend freedom of expression and stand up against terrorism and antisemitism. A crossbench Marseillaise was sung in the Assemblée Nationale – a first since 1918. Unsurprisingly, however, intellectual and political divisions quickly resumed. This is not necessarily bad news in a democracy, but it places the president and his prime minister in a very challenging position.

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Après Charlie : par où commencer ?

Comme chacun je sors quelque peu hébété de cette semaine folle, et je prie mon dieu imaginaire pour que nous en sortions par le haut. Beaucoup d’analyses ont été publiées à chaud, en direct, identifiant avec certitude les causes du mal, ici dans l’Islam et ses représentants, là dans un arsenal juridique et sécuritaire fébrile, ailleurs dans l’auto-censure pratiquée par la presse occidentale. Netanyahou ne s’est pas embarrassé de scrupules pour dire aux Juifs de France : votre foyer est en Israël, alors que ce que sont venus rappeler des millions de personnes est précisément qu’en s’attaquant à des Juifs les tueurs se sont attaqués à la France. On a vu aussi des voix musulmanes, notamment dans les médias britanniques et sur Al Jazeera, mettre très vite en accusation le rejet quasi-officiel dont l’Islam ferait l’objet en France. Continue reading “Après Charlie : par où commencer ?”