Réorienter l’Europe : de quoi parle-t-on?

Je participais à l’audition “Réorienter l’Europe par la croissance” mardi 4 novembre dans le cadre des Etats généraux du PS, aux cotés de la députée européenne Pervenche Berès. Voici la vidéo de la discussion. Mon intervention se trouve entre la 6e et la 28e minutes. Les questions-réponses commencent à la 55e minute.

La thèse que j’ai tente de défendre peut  se résumer ainsi:

Le PS doit clarifier ce qu’il entend par réorientation de l’Europe. Trop souvent, les demandes de changement venues de France suscitent la méfiance de nos voisins, notamment allemands. Il est temps de sortir par le haut d’un dialogue de sourd qui dure depuis 20 ans (sinon davantage) et du mythe paralysant des “fourmis” allemandes et des “cigales” françaises.

Tous les responsables politiques français, de droite comme de gauche, doivent accepter les implications du Traité de Maastricht, compromis historique entre deux cultures économiques que tout opposait, plutôt que d’en questionner sans cesse le bien-fondé. Cela signifie démontrer le sérieux budgétaire de la France et sa capacité à soutenir sa prospérité. Car Maastricht dit bien cela: ne demandez pas à l’Europe ce que vous devez et pouvez faire vous-même. Il n’y a pas de solution de facilité.

Cela ne signifie en rien renoncer ni limiter l’Europe à  un triste rôle disciplinaire. L’Union européenne doit devenir notre meilleure assurance dans la mondialisation. Elle doit accompagner la transition de ses membres vers un modèle économique plus soutenable, plus qualitatif. C’est la combat de la réorientation que la gauche doit mener: pas celui d’une croissance abstraite qui reposeraient sur de nouvelles bulles (immobilières, bancaires, budgétaires) ou encore un libéralisme débridé autorisant tous les abus au nom de la performance. Mais bien celui de l’investissement social, de la sobriété écologique, de la capacité à proposer des solutions aux problèmes humains.

Des outils existent: législation européenne, budget européen (qui a des effets incitatifs importants), coordination des politiques économiques et sociales. On peut faire beaucoup de politique à partir de ces outils. On peut notamment s’opposer aux raisonnements simplistes de ceux qui prônent la rigueur pour la rigueur, la compétitivité à  n’importe quel prix. Mais soyons lucides: être à la hauteur de cette transition qualitative impose des choix drastiques, pour lesquels nous Français sommes seuls maîtres de notre destin.

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